Le Passo di San Boldo, entre Trévise et Belluno, est l’un des cols les plus spectaculaires de Vénétie : ses cinq galeries hélicoïdales creusées dans la falaise, construites en seulement cent jours par l’armée austro-hongroise en 1918, lui ont valu le surnom d’« escalier vers les Dolomites ».
Cinq galeries hélicoïdales, un chantier de la Grande Guerre
Depuis Tovena, côté trévisan, la route grimpe sur environ 5,9 km pour 451 m de dénivelé, à une moyenne de 7,7 % qui masque une réalité bien plus progressive : les premiers kilomètres serpentent tranquillement au fond de la vallée avant de buter contre une paroi rocheuse apparemment infranchissable. C’est là que la route s’engouffre dans cinq galeries superposées, taillées à la dynamite pour ravitailler le front de la Piave, où les derniers virages s’enchaînent à l’intérieur même de la roche, certains dépassant 15 à 17 % de pente sur de courtes rampes.
Comment aborder la sortie
La difficulté se concentre presque entièrement dans le dernier kilomètre, à l’intérieur des galeries : mieux vaut garder de la marge pour cette rampe finale plutôt que de s’épuiser dans la partie roulante initiale. Les tunnels étant étroits et empruntés en alternance par les automobiles, un éclairage avant et arrière est vivement conseillé, même en plein jour, pour rester visible dans la pénombre.
Quand y grimper
Toute l’année ou presque : cette ascension modeste en altitude, culminant à 706 m, reste praticable dès le début du printemps et jusque tard en automne. Le Giro d’Italia l’a inscrite à son parcours en 2019, lors d’une étape reliant Trévise à San Martino di Castrozza.
Bon à savoir
Tovena et Trichiana, villages qui encadrent le col de part et d’autre, offrent un hébergement limité mais permettent de rayonner facilement vers Belluno et les Préalpes vénitiennes, à la jonction entre la plaine de Trévise et les premiers contreforts dolomitiques.