Le Colle del Nivolet, à 2612 m au cœur du Parc national du Gran Paradiso, est l’un des rares grands cols alpins où l’on roule (presque) sans voitures : depuis 2025, l’accès des véhicules à moteur y est limité par un système de réservation, tandis que les cyclistes, eux, restent toujours libres de grimper.
Une montée entre lacs glaciaires et alpages
Depuis Ceresole Reale (1620 m), il faut compter 18,5 km pour 1000 m de dénivelé, à une moyenne de 5,4 % assez trompeuse : les premiers kilomètres sous le barrage de Serrù sont les plus durs, avec des rampes soutenues entre 10 et 15 % en lacets serrés. Passé le lac de Serrù (2275 m), la pente se calme et longe le lac Agnel (2300 m), deux retenues d’origine glaciaire agrandies par des barrages hydroélectriques, avant de déboucher sur la Piana del Nivolet, vaste plateau d’alpages et de tourbières — la plus haute tourbière d’Europe — où paissent bouquetins et chamois jusqu’au pied du col, à 2612 m.
Une route (presque) rendue aux vélos
Depuis 2025, la route provinciale qui mène au col n’est plus fermée les dimanches comme autrefois : elle fonctionne désormais avec un système de quota. Entre juillet et les premiers week-ends de septembre, l’accès en voiture ou en moto au dernier tronçon (du lac de Serrù à la Piana) est plafonné à 350 véhicules par jour, réservables en ligne via la NivoletCard (10 €). Les vélos ne sont soumis à aucune restriction et roulent toujours librement. Deux journées de l’été sont même totalement fermées à la circulation privée pour des événements de mobilité douce — de quoi grimper au Nivolet dans un calme rare pour un col aussi spectaculaire.
Comment aborder la sortie
Le col culmine à 2612 m : même en plein été, le vent et la fraîcheur se font sentir dès qu’on quitte les lacs, et une veste coupe-vent bien pliée dans une poche fait toute la différence pour la descente. L’orage d’après-midi n’est pas rare en haute montagne l’été : mieux vaut viser un départ matinal depuis Ceresole Reale. Les longues rampes sous le barrage de Serrù demandent un rapport de transmission généreux.
Quand y grimper
La route est généralement ouverte de la mi-mai à la mi-octobre selon l’enneigement — en 2026, elle n’a rouvert que le 19 juin. Juin à septembre reste la période la plus sûre pour grimper, avec une préférence pour juillet-août, quand les lacs et alpages sont complètement dégagés de neige.
Bon à savoir
Ceresole Reale, village au bord de son lac, offre un choix d’hébergements simple mais suffisant pour une étape avant ou après le col. Le Parc national du Gran Paradiso, créé en 1922 à partir de l’ancienne réserve de chasse royale de Vittorio Emanuele II, abrite l’une des plus grandes populations de bouquetins des Alpes d’Europe — une bonne raison de garder l’appareil photo à portée de main sur les pentes du Nivolet.
