Dans la vallée de l’Amblève, entre Remouchamps et le plateau ardennais, la Côte de la Redoute n’a besoin que d’1,6 km pour se faire une place parmi les ascensions les plus redoutées du cyclisme : un mur raide, noir de monde le jour de Liège-Bastogne-Liège, où la course professionnelle s’embrase chaque printemps.
Le juge de paix de la doyenne des classiques
Intégrée au parcours de Liège-Bastogne-Liège en 1975, la Redoute a longtemps été la dernière grande difficulté avant l’arrivée : jusqu’au début des années 1990, une échappée qui la franchissait avec quelques secondes d’avance devenait presque introuvable sur le plat rapide qui suivait vers Liège. Le final de la course a depuis été remanié, avec l’ajout de la Côte de Saint-Nicolas et une arrivée en côte à Ans, mais la Redoute reste le moment symbolique où la course bascule vraiment, à une trentaine de kilomètres du but. Le nom du lieu vient d’une redoute, fortification érigée à son sommet pendant la guerre franco-autrichienne de 1792, aujourd’hui marquée par un monument commémoratif.
Le profil depuis Remouchamps
Depuis le hameau de Remouchamps, au fond de la vallée de l’Amblève, la route grimpe sur 1,6 km pour environ 160 m de dénivelé, à une moyenne de 9,5 % qui atteint 20 % dans le passage le plus raide, en sortie de vallée. Le profil est irrégulier, avec une rampe initiale très dure suivie d’un replat partiel avant une dernière portion soutenue qui débouche sur le plateau agricole en direction de Sprimont.
Comment aborder la sortie
Une cassette à grand développement, autour de 30 à 32 dents, est vivement recommandée pour ne pas être surpris par le mur initial. Le jour de Liège-Bastogne-Liège, la route est noire de monde sur toute sa longueur, avec une ambiance de fête qui rappelle les grands murs flamands ; en dehors de cette date, l’ascension redevient une route de campagne tranquille, idéale pour s’entraîner sur les traces des coureurs professionnels.
Quand y grimper
De mars à octobre, la route restant praticable toute l’année mais pouvant être glissante en cas de pluie ou de gel sur ce revêtement pentu et parfois ombragé. Le passage de Liège-Bastogne-Liège, fin avril, attire chaque année de nombreux cyclotouristes venus grimper le mur avant ou après le passage des professionnels.
Bon à savoir
Aywaille et Remouchamps offrent quelques hébergements pratiques au pied de la côte, avec un accès rapide à Liège, à une trentaine de minutes de route, pour combiner cette ascension avec d’autres classiques ardennaises comme le Mur de Huy ou la Roche-aux-Faucons.